Le contrôle OPair : à quoi s'attendre
Vous avez déjà eu le passage du ramoneur cette année. Et voilà qu'il revient, avec une valise, un tuyau et un écran. Ce n'est pas un deuxième ramonage : c'est le contrôle des émissions, imposé par l'ordonnance fédérale sur la protection de l'air. Voici comment il se déroule, et ce qui se joue vraiment ce jour-là.
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Même homme, autre casquette
Ce jour-là, le ramoneur ne travaille pas pour vous. Il travaille comme organe de contrôle pour le canton.
Le ramonage et le contrôle des émissions sont deux choses différentes, et cette confusion est probablement la première source d'agacement quand la deuxième facture arrive. Le ramonage nettoie le conduit : il enlève ce qui s'y est déposé. Le contrôle mesure ce qui sort de l'appareil pendant qu'il fonctionne, et le compare aux valeurs limites fédérales.
La personne est la même parce qu'elle a la formation et le matériel. Le mandat, lui, vient d'ailleurs. C'est pour cela que le rapport ne finit pas dans votre classeur seulement : il part aussi vers l'autorité.
Tous les combien, selon ce que vous brûlez
Le rythme dépend du combustible et de la puissance, pas de l'âge de la maison.
Bois ou gaz jusqu'à 70 kW. C'est le cas de presque tous les poêles et chaudières de villa dans la plaine.
Chauffage au mazout. Encore très présent dans les maisons des années 70 entre Payerne et Moudon.
Le seuil qui sépare les installations domestiques des grosses chaudières, dans l'ordonnance comme dans les tarifs cantonaux.
Ce rythme double dès qu'une installation est en assainissement : deux ans au lieu de quatre pour le bois et le gaz, un an au lieu de deux pour le mazout. Autrement dit, un appareil qui a dépassé une fois est revu deux fois plus souvent, jusqu'à ce que la situation soit corrigée.
Ce qui se passe pendant l'heure
Rien de spectaculaire, et surtout rien à préparer la veille en démontant quoi que ce soit.
Le contrôleur allume ou fait allumer l'installation et la laisse monter en régime. Sur un appareil à bois, cela veut dire une flambée normale, avec votre bois habituel : c'est le point important, il mesure votre usage réel, pas un usage de démonstration.
Il perce ou utilise l'orifice de mesure prévu sur le conduit, glisse une sonde dans les fumées et relève les valeurs pendant que l'appareil tourne. Il note la température des fumées, le tirage, et l'état visuel de l'installation. Puis il établit un rapport, qui dit si les valeurs limites sont respectées.
Le rendez-vous est annoncé à l'avance, comme le passage de ramonage. Prévoyez d'être là, et prévoyez surtout que l'appareil doit pouvoir fonctionner : en plein mois d'août, un poêle éteint depuis mai ne se mesure pas.
Ce qui fait rater une mesure
Dans la plupart des cas, ce n'est pas l'appareil qui pose problème. C'est ce qu'on met dedans et la façon dont on le fait brûler.
Le bois pas assez sec
Moins de 20 % d'humidité, soit deux ans sous abri ventilé. Une bûche encore verte fait chuter la température de combustion et charge les fumées. C'est la cause la plus fréquente, et la plus facile à corriger.
Le feu bridé en permanence
Fermer l'arrivée d'air pour tenir la nuit fait couver le foyer au lieu de le faire brûler. Le rendement s'écroule et les fumées se chargent. Mieux vaut une flambée franche puis une recharge.
Le réglage jamais revu
Sur une chaudière à mazout ou à gaz, le brûleur se dérègle lentement. Un réglage par une entreprise de chauffage avant le contrôle change souvent le résultat.
Tout sauf du bois
Bois peint, aggloméré, planches de palette, papier glacé : ce sont des déchets, et ils se voient à la mesure. Cela vaut aussi pour le carton du dimanche soir.
Si l'appareil dépasse
Ce n'est pas une amende, et ce n'est pas la fin de votre poêle. C'est un délai et une liste.
Le rapport indique ce qui doit être corrigé. Sur un appareil à bois, cela commence souvent par le combustible et la conduite du feu : un contrôle refait après une saison de bois sec et de flambées franches donne fréquemment un autre résultat. Vient ensuite l'entretien : joint de porte, déflecteur, réglage d'air, propreté du conduit.
Si l'appareil est vraiment ancien, la question du remplacement se pose. Un vieux foyer ouvert, par exemple, ne se règle pas : il envoie l'essentiel de sa chaleur dans le conduit. Le passage à un foyer fermé change alors les deux sujets d'un coup, le rendement et les émissions. C'est le sujet du guide remplacer un foyer ouvert par un insert.
Le délai de correction est fixé par l'autorité cantonale, pas par le ramoneur. Si le rapport vous paraît sévère, demandez-lui de vous montrer les valeurs relevées : elles figurent noir sur blanc, et il les explique volontiers.
Trois gestes avant le rendez-vous
Rien de technique. Trois habitudes prises dans les semaines qui précèdent suffisent souvent.
- Sortez le bois le plus sec du tas. Celui du fond de l'abri, fendu, qui sonne clair quand on cogne deux bûches l'une contre l'autre.
- Faites une flambée franche. Allumage par le haut, air ouvert au démarrage, pas de feu couvé la veille au soir.
- Videz le cendrier aux deux tiers. Plein, il bloque l'arrivée d'air par le bas et fausse tout le reste.
Le reste, c'est de l'entretien courant, détaillé dans le guide ramonage et entretien. Et si vous habitez la rive fribourgeoise, la page Estavayer-le-Lac décrit le bâti et les habitudes de chauffage du secteur.
Vos questions sur le contrôle
Le contrôle OPair est-il facturé en plus du ramonage ?
Oui. Ce sont deux prestations différentes, faites par la même personne mais lors de passages séparés. Le ramonage nettoie le conduit ; le contrôle mesure ce qui sort de l'appareil et donne lieu à un rapport.
Mon poêle à bois d'appoint est-il concerné ?
Les installations de chauffage alimentées au bois ou au gaz jusqu'à 70 kW sont contrôlées tous les quatre ans. Pour savoir si votre appareil entre dans le périmètre du contrôle et sous quelle catégorie, demandez-le au ramoneur de votre secteur : c'est lui qui tient la liste de son cantonnement.
Que se passe-t-il si les valeurs sont dépassées ?
L'installation passe en assainissement et le rythme des contrôles double : tous les deux ans au lieu de quatre pour le bois et le gaz, tous les ans au lieu de deux pour le mazout. Le rapport indique ce qui doit être corrigé, et le délai est fixé par l'autorité cantonale.
Ramonage et entretien
Les fréquences, les deux systèmes cantonaux, le partage des rôles.
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